le 28 mars 2012

En Décembre 2011, 130 mails ont été envoyés aux différents centres sociaux de Seine-Saint-Denis pour leur proposer d'organiser un atelier photographique avec le photojournaliste Laurent Van der Stockt.

Le Centre Social André Malraux de Villepinte a répondu le premier à cette proposition, donnant aux habitants de la ville l'opportunité de s'exprimer dans une exposition qui s'est tenue du 21 février au 17 mars au Centre Culturel Joseph Kessel.

Le magazine Megalopolis, magazine du très grand Paris, distribué en Ile-de-France, a consacré à ce projet un portfolio de 14 pages intitulé "Autoportrait de Villepinte" dans son numéro 7 paru en mars et toujours disponible en kiosque.

Ecoutez la bande son de l'expo




Retrouvez les panneaux de l'exposition dans la galerie >>

2012-02-21-vernissage.jpg

Né en 1964 en Belgique, Laurent Van der Stockt a couvert les conflits d’Irak, d’ex-Yougoslavie, d’Afghanistan, de Tchétchénie… En parallèle à son métier de photographe pour l’agence Gamma, il s’adresse régulièrement à des associations, centres culturels ou autres entités en France et à l'étranger pour proposer à tous les publics des ateliers « photographie et écriture ».
L'ensemble de ces travaux constitue une sorte de portrait du monde vu de l’intérieur.

Alamir 9 ans, Christophe 39 ans, Hafid 24 ans, Hamza et Abdelhakim 14 et 13 ans, Mohamed 14 ans, Hassan 9, Estelle 21 ans, Francis 52, Hamza et Mohamed 16 ans,  Jean-Michel 45 ans, Kadidja 58 ans, Draïja 50 ans, Francis 57 ans, Monique 55 ans, Zeinab 67 ans, Laeticia 29 ans, Aïcha 59 ans, Kaur 37 ans et Kudret 57 ans ont accepté de réfléchir à ce que signifiait pour eux leur ville et de s'investir dans un atelier qui leur permettrait de construire librement un propos photographique personnel.

Leurs travaux présentés dans cette galerie ne prétendent pas construire une image exhaustive de leur ville. Comme partout ailleurs, Villepinte a aussi d’autres aspects, plus sombres ou plus heureux, mais le travail est porté par la sincérité et la vérité. Le résultat est un ensemble de points de vue individuels, tantôt tendre ou critique, tantôt teinté d’autodérision ou de nostalgie, mais toujours traversé par l'humanité et la solidarité.

Ci-dessous, les textes écris dans le cadre de l'atelier, pour accompagner le travail photographique

La valeur et l'intérêt de cet ensemble se trouvent tout autant dans le contenu de leurs images - ce qui est montré -, que dans sa source même : qui parle et qui a décidé de montrer quoi ?
Que signifie l’apparente naïveté des captures d’écran de Hamza et Mohamed ? Sont-elles seulement leurs symboles de la banlieue ou les projections que la société toute entière a d’elle ? Que nous transmet d’important Kadidja quand elle juxtapose le bonheur simple de son intérieur, celui qui est prêt à accueillir ses enfants, avec l’inquiétante rudesse de la cour de son immeuble de 7 étages sans ascenseur ? Ou quand Hafid livre ses lieux d’enfance et son lot quotidien de transports, en une vie comme en une journée ? Que nous disent les paysages urbains de Lætitia, qui évoquent un monde à la Ramond Carver ? Les photos du Boulevard Ballanger de Francis qui rappellent certaines des photos urbanistes d’Eggleston ?

Des choix comme autant de fenêtres qui, en donnant à voir, donnent à réfléchir à notre environnement, à son influence sur nos existences.